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𝘗𝘐𝘌𝘙𝘙𝘌-𝘈𝘕𝘛𝘖𝘐𝘕𝘌 𝘎𝘌𝘙𝘈𝘙𝘋, 𝘊𝘰𝘯𝘴𝘦𝘳𝘷𝘢𝘵𝘦𝘶𝘳 𝘦𝘯 𝘤𝘩𝘦𝘧 𝘥𝘶 𝘱𝘢𝘵𝘳𝘪𝘮𝘰𝘪𝘯𝘦 𝘐𝘕𝘚𝘛𝘐𝘛𝘜𝘛 𝘖𝘊𝘌́𝘈𝘕𝘖𝘎𝘙𝘈𝘗𝘏𝘐𝘘𝘜𝘌 • 𝘍𝘰𝘯𝘥𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘈𝘭𝘣𝘦𝘳𝘵 𝘐𝘦𝘳, 𝘗𝘳𝘪𝘯𝘤𝘦 𝘥𝘦 𝘔𝘰𝘯𝘢𝘤𝘰.
Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?
Mon parcours s’est construit à la croisée des sciences naturelles, de la muséologie et du patrimoine. Après une formation en biologie des écosystèmes, j’ai préféré m’orienter vers la médiation des sciences plutôt que vers la recherche. J’ai testé l’enseignement en collège et lycée mais ce qui m ‘animais davantage était le monde des musées et plus spécifiquement des musées scientifiques. J’ai donc poursuivi mes études par un DEA de Muséologie des sciences au Muséum national d’Histoire naturelle avant d’intégrer l’Institut National du Patrimoine pour une formation de 18 mois de conservateur du patrimoine.
Pendant plus de vingt ans, j’ai dirigé et développé plusieurs institutions de culture scientifique et technique à Nancy, en partenariat avec l’Université afin de conserver un lien direct avec le monde de la recherche. J’ai pu piloter de nombreux projet d’expositions et de rénovations d’espaces muséaux, monter de nombreux partenariats ou encore mettre en œuvre une politique culturelle ouverte et pluridisciplinaire sur le territoire de la Métropole de Nancy. Ces expériences m’ont appris à relier les savoirs, à valoriser des collections très diverses, et à imaginer des dispositifs capables de rendre les sciences accessibles au plus grand nombre.
Rejoindre l’Institut océanographique de Monaco en 2023 s’est imposé comme une évidence : ici, patrimoine scientifique, expositions ambitieuses et engagement en faveur de l’Océan dialoguent naturellement et ce depuis plus de 100 ans ! C’est un terrain idéal pour poursuivre ce qui me motive depuis toujours : émerveiller, transmettre des contenus scientifiques et susciter la curiosité, pour mieux comprendre le vivant et ainsi mieux le protéger et en particulier les environnements marins.
Comment décririez-vous la diversité de vos actions au sein de l’Institut Océanographique de Monaco ?
Je coordonne aujourd’hui le service Patrimoine et Expositions, un périmètre aussi riche, stimulant qu’exigeant. Il couvre la conservation et la valorisation des collections du Musée océanographique dont l’origine remonte aux campagnes océanographiques du prince Albert Ier (1848 – 1922), la conception des expositions temporaires, le renouvellement et l’attractivité du parcours de visite et le suivi de la conservation de ce bâtiment incroyable. Ces misions permettent de travailler à des projets innovants avec de nombreux partenaires scientifiques et culturels.
Ce que j’apprécie particulièrement, c’est la variété des missions : passer d’un travail minutieux sur les collections à l’élaboration d’un dispositif immersif pour les publics en passant par des projets de diffusion et de valorisation avec des partenaires locaux comme internationaux. Ce métier demande autant de rigueur scientifique que de créativité, d’écoute et d’intuition pour comprendre ce qui peut toucher les publics et servir la diffusion des messages portés par l’Institut océanographique.
Quelle était la vision originelle du Prince Albert Ier pour ce musée, et comment se traduit-elle aujourd’hui ?
Le Prince Albert Ier voulait un musée vivant, ouvert sur le monde, capable de rendre accessibles les découvertes océanographiques et de favoriser la compréhension des enjeux marins. Il s’agissait déjà d’un lieu de sciences partagées, de pédagogie et d’engagement pour la protection de l’Océan.
Plus d’un siècle plus tard, nous restons fidèles à cette vision. Les outils ont changé, mais l’esprit demeure : transmettre une connaissance scientifique fiable et pertinente, susciter l’émerveillement et éclairer les défis contemporains. Chaque nouvelle exposition est une manière de prolonger cet héritage en l’adaptant aux besoins actuels de compréhension des publics et tentant de susciter leur engagement, à nos côtés, pour un Océan vivant !
Vous avez piloté la nouvelle exposition immersive “Méditerranée 2050”. En quelques mots, que va vivre le public ?
“Méditerranée 2050” est un voyage dans le temps en Méditerranée. Depuis le prince Albert Ier jusqu’en 2050 à travers une expérience attractive et immersive qui invite les visiteurs à s’engager pour la préservation de la Méditerranée et de sa biodiversité incroyable. Le but n’est pas de prédire l’avenir, mais de montrer qu’il est encore possible d’inverser la tendance, notamment à travers la création et la bonne gestion d’Aires Marines Protégées (AMP) et que nos choix collectifs ont un impact réel. 2050 commence aujourd’hui et chaque geste compte. Ainsi, à ce jour et depuis le mois de mars 2025, l’exposition a été reçu plus d’un demi-million de visiteurs et plus de 380 000 promesses d’engagements ont été formulées à travers des défis interactifs.
Comment le musée parvient-il à rendre accessibles des sujets complexes comme la biodiversité ou le changement climatique ?
« Méditerranée 2050 » s’appuie sur des données scientifiques récentes tout en convoquant les émotions des visiteurs. Notre travail collectif est de synthétiser des résultats scientifiques, de les contextualiser et d’introduire ces contenus dans des dispositifs pédagogiques attractifs et si possible sensibles afin qu’ils puissent « toucher » chaque visiteur en fonction de son degré de connaissance de la situation ou de sensibilité au sujet traité.
Nous menons une étude d’impact de l’exposition dont les premiers résultats montrent clairement que cette exposition donne envie aux visiteurs de témoigner de cette problématique autour d’eux et de s’engager aux côtés de l’Institut océanographique pour la Méditerranée et plus largmeent pour l’Océan.
Les aires marines protégées sont-elles les prochains enjeux majeurs pour la Méditerranée ?
Elles constituent un levier essentiel, aujourd’hui et pour les décennies à venir. La Méditerranée est un espace d’une richesse exceptionnelle mais particulièrement vulnérable. Les aires marines protégées, lorsqu’elles sont bien conçues et solidement accompagnées, permettent aux écosystèmes de se régénérer, aux espèces de retrouver des équilibres et aux territoires d’être plus résilients face au changement climatique.
Protéger certains espaces, ce n’est pas restreindre ou interdire : c’est donner des conditions favorables pour que la vie se réorganise. Et la nature a une formidable capacité de réponse dès lors qu’on lui en laisse la possibilité.
Quelle est l’importance du partenariat culturel entre l’Institut Océanographique de Monaco et Imertium ?
Ce partenariat s’inscrit dans une dynamique essentielle : celle de la coopération. Les enjeux méditerranéens dépassent largement les frontières institutionnelles. En travaillant avec Imertium, nous croisons nos regards, mutualisons notre expertise, élargissons nos publics et renforçons notre impact.
Ensemble, nous pouvons raconter de manière complémentaire la Méditerranée, mieux partager les connaissances, faire vivre des expériences et œuvrer de concert à sa préservation.
C’est dans ces collaborations que se construit l’intelligence collective dont nous avons tant besoin pour agir efficacement.
Retrouvez toutes les informations sur le site du musée : www.musee.oceano.org
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Exposition Mediterranée 2050 – ©Institut oceanographique de Monaco – Frederic Pacorel
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